Périhélie – Julie Simard

« Profondeur des temps », Acrylique et vernis sur papier d'Arches, ©Carole-Yvonne, 2008, en vente sur http://culturat.org/boutique/items/profondeur-des-temps.

« Profondeur des temps », Acrylique et vernis sur papier d’Arches, ©Carole-Yvonne, 2008, en vente sur http://culturat.org/boutique/items/profondeur-des-temps.

 

 

Jamais il n’avait été témoin d’une si forte présence. Sans être dévastatrice, l’aura subjuguait tout. Son passage lent, mais continu laissait place à une paix intérieure exprimée par un léger sourire sur le visage des passants. Des dizaines de petites flammes suivaient maintenant le trajet de ce courant de sérénité. En cet instant, les silhouettes matérialisées devant lui composaient sa seule vision. Il ne discernait rien d’autre. Toute référence était superflue dans ce lieu insaisissable. Il se retrouva, lui-même, entraîné par cette force énergisante et incontrôlable. Avide d’invincibilité, ému, il emboîta le pas, se sentant allégé d’un lourd fardeau. Il ne savait plus

qui il était, ne savait plus

où il allait, encore moins

où il se trouvait.

Cet état inconnu, indescriptible le secoua momentanément et l’attira.

L’aura poursuivait sa progression.

L’émotion intense qu’il venait à peine de savourer s’échappait peu à peu. La peur d’être laissé derrière se faufila dans ses pensées. Il accéléra. Réduire la distance qui le s’éparait de cette onde de pureté était devenu son seul objectif. La raison l’avait abandonné. Sa respiration devint saccadée. Une sournoise séduction s’opérait à son insu. La panique le gagna. Invisible aux yeux de tous et si transparent à ses yeux.

Hésitation haletante…

Il troqua sa confiance pour sa liberté.

Plus rien ne l’attachait à ce qu’il avait jadis connu. Jamais il ne retrouverait chose semblable. Séduit et envoûté, il continuait d’avancer, mais chacun de ses pas semblait l’éloigner davantage de sa propre nature.

Bientôt, il ne lui resta plus qu’une infime trace de l’émotion et puis…plus rien. Le souvenir devint rapidement une simple impression ; et l’impression, un vague rêve que l’on oublie au réveil…

Il ne se réveilla jamais.

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