La nuit des loups – Jonathan Barrette

 

 

Une nuit polaire

à vivre de froid

la neige tombe tempête

et du plus sûr engourdissement

Nous

Ankylose

 

le silence ne trouve pas réponse

 

sais-tu qu’il fait noir

sais-tu qu’il gèle à pierre fendre

le silex des fusils

 

Les yeux suivent le dehors poindre

immobile face à une poudrerie chancelante

il ne faut pas bouger

de peur qu’elle te prenne au corps

 

D’où tu es

rien ne transparaît

De la lenteur de l’œuvre

 

il n’y a que l’aveuglement pour te distraire

 

Le vent traîne ses fantômes

exilés dans tes saisons

Tu ne te reconnais plus

 

Un hiver magnifique et glacial

prend place

tout repose sur l’étendue du secret

Qu’un calme effroi est là

 

un territoire blanchi de toute appartenance

 

Qui marche avec la rafale

faire avancer ses pas dans la nuit

foule un peu la mort

 

et les mots s’accumulent

sont thésaurisés pour munitions

 

il n’y a qu’un hiver vide à mordre

prendre froid pour proie

 

L’illusion terrible

que la neige assoiffe

appelle à la résistance des soleils

 

il n’y a que la rage des bêtes

en guise d’ameutement à la faim

te nourrir d’espérance à te reproduire

savoir que tu peux mourir

 

la peur ne fait pas l’animal

la fièvre fait de même trembler

c’est ta conscience qui te dure

 

Tu reviendras à ton existence

la vie te reviendra

À demeure

 

lorsque la conscience s’éveillera

les loups se mettront debout

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